Faut-il s’inquiéter de l’autorisation des pesticides et perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques bio ?

cosmétiques bio

Lorsque j’ai commencé à me préoccuper il y a 12 ans de ce que je mettais sur ma peau (ce qui s’applique encore plus par extension à ce que l’on mange), j’étais encore loin de la prise de conscience acquise aujourd’hui mais tout aussi désireuse de prendre soin de mon organisme et de ma peau grâce aux cosmétiques bio. Et si aujourd’hui je partage cet article de fond avec vous et non un test produit, c’est que je trouve important d’être informé de ce qui se décide pour nous au niveau européen. Ainsi, au mois de novembre 2017, la Commission Européenne a pris la décision de revoir les critères de l’agriculture biologique à la baisse en particulier sur un seuil de pesticides chimiques autorisé ainsi que d’autres mesures tout aussi déceptives qui nous impacteront dès 2021. Serons-nous réduits à faire abstraction des aménagements de la nouvelle réglementation sur nos produits bio ou à être encore plus vigilents qu’avant afin de ne pas faire l’impasse sur notre santé ?

Vers une agriculture bio avec plus de compromis ?

Cela me pose de réelles préoccupations en tant que consommatrice mais pour trouver des solutions durables, on est obligé de se tenir informé de l’actualité du secteur, de creuser un peu pour connaître les tenants et aboutissants, quels sont les intérêts de chaque parti et comprendre où est-ce que l’on va.

  • Pourquoi cette norme a-t-elle été créée ?

    agriculture bio

    C’est en 1991, pour des raisons de libres échanges et d’homogénéisation entre pays que le Conseil Européen a mis en place certaines règles de base concernant l’agriculture bio et l’étiquetage alimentaire bio. Mais voilà qu’aujourd’hui, la norme commune se voit réaménagée sous des conditions qui plaisent très peu aux défenseurs du bio. En effet, un seuil de tolérance quant aux pesticides trouvés dans les productions bio a été jugé acceptable. Si on y réfléchit bien, qu’est-ce qui empêche l’agriculteur conventionnel d’à côté d’utiliser des pesticides ? Est-ce que le fait d’avoir une parcelle bio retient ces dits pesticides de la traverser si elle est à proximité ? Pas du tout. D’autant plus qu’un agriculteur est libre de mélanger à la fois terrain bio et conventionnel. Alors plutôt que de régler la question autrement, on fait du cache misère en le tolérant. Personnellement, je n’ai aucune envie d’accepter ça car si j’ai choisi du bio comme bon nombre de personnes c’est justement pour échapper aux ingrédients chimiques douteux et suspectés d’être des perturbateurs endocriniens. Mais le débat ne s’en tient pas que sur ce point. Désormais, les organismes de certification pourront s’abstenir de contrôler un agriculteur pendant 3 ans, et en 3 ans il peut s’en passer des choses côté « pseudo agriculture biologique » comme l’emploi de certains produits chimiques (qui ont été ajoutés et seront autorisés dans la nouvelle réglementation). Dans ces conditions, quelles garanties et protection avons-nous ?

  • Un appel au changement positif

    Malgré tout, une barrière peut être posée car chaque pays ou organisme tel que les labels a le droit d’émettre des normes plus en rapport avec ses valeurs. Certains se souviendront peut-être du discours du président Macron du 11 octobre 2017 invitant à passer à une agriculture sans pesticide à partir de 2020. Le cas concret le plus parlant ces derniers temps étant celui du glyphosate. Le plus gros pesticide de Roundup appartenant au groupe Monsanto avait alors fait beaucoup de bruit car il pesait sur lui de fortes présomptions de danger pour la santé humaine, notamment en ce qui concerne les cancers. Si l’Union Européenne a décidé de renouveler l’utilisation de ce produit pour 5 ans, la France quant à elle fait des plans pour en sortir d’ici 3 ans en trouvant des alternatives. Pas si simple de pousser les agriculteurs au changement quand le produit coûte trois fois rien et permet d’augmenter les rendements.

Comment choisir des cosmétiques bio sans danger ?

maquillage bio

Il n’a échappé à personne que le secteur des cosmétiques bio était toujours en progression constante (8 % par an). Pour autant, cela devient un véritable casse tête de s’y retrouver pour les utilisatrices entre les normes en vigueur, la multiplication des labels en veux-tu en voilà et la création des marques bio. A fonctionner de la sorte, nous risquons non seulement de nous embrouiller mais aussi d’aller vers une perte de confiance en la cosmétique bio. Il est donc plus que jamais important d’avoir des repaires fiables et de qualité.

  • Les labels bio historiques comme protection ?

Il existe depuis de nombreuses années des labels bio permettant de garantir un pourcentage minimum d’ingrédients bio dans nos produits cosmétiques. Pour plus d’information sur chacun, je vous renvoi vers ma page « labels et certifications » qui se trouve dans la catégorie « pour bien commencer ». Cependant, à la lumière des faits que j’ai présenté plus haut, rien ne dit qu’une partie des nouvelles normes en vigueur ne sera pas appliquée. Il nous faudra donc suivre avec attention l’évolution du cahier des charges de chaque label afin de déterminer si les marques qui y souscrivent sont dignes de confiance.

  • DIY bio, slow cosmétique, production locale : des solutions alternatives

    Quand on veut un cosmétique à la hauteur de ses espérances, il n’y a pas trente six solutions. Soit on part dans le DIY en s’assurant de la provenance de chaque ingrédient et on applique le principe de la slow cosmétique en sélectionnant juste l’essentiel, soit on a la chance de pouvoir se rapprocher de petits producteurs locaux ou sociétés artisanales sans label (car trop cher pour elles) chez qui on peut s’approvisionner et obtenir des informations suffisantes pour se rassurer.

Il revient donc à chacun de faire valoir sa prise de position quant à l’avenir de la cosmétique bio. Toutes les voix comptent et c’est en disant clairement ce que l’on veut et ce que l’on ne veut pas que l’on peut faire bouger les choses et non les subir.

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